Un coin de paradis
au sein des alpes
valaisannes,
flanqué d'un décor
idyllique de
sommets
prestigieux,
tranchés de
glaciers rutilants
qui coulent
doucement aux
confins d'une
végétation
luxuriante, c'est
le pays d'Evolène
en plein coeur du
Valais. Un endroit
où il fait bon
vivre à l'aube du
3ème millénaire,
un endroit où on
peut s'imprégner
des traditions et
du vécu d'une
population
hospitalière, un
site retranché des
tumultes des
grands centres
urbains qu'il vaut
bien la peine de
visiter.
Implantés
dans la montagne
et assis sur une
terrasse appelée
"Balcon du Val
d'Hérens"se
situent les
villages de
Villaz,
de
La Sage
et de La
Forclaz.
Dès que l'on
quitte la plaine
du Rhône et que
l'on pénètre dans
cette vallée
ouverte et
profonde qu'est le
Val d'Hérens on se
sent comme envahi
par une sorte de
volupté
indéfinissable qui
donne la légèreté
et le désir exalté
de découvrir ce
qu'il y aura après
le prochain
contour; quelque
chose que l'on
ressent déjà comme
étant une
merveille de la
création. De nos
jours une bonne
route à double
voie conduit de
Sion aux Haudères
et de nombreuses
ramifications
débouchent dans
des stations
réputées ou dans
des régions
sauvages où
abondent la faune
et la flore
alpestres.
A mi-chemin entre
la plaine et la
haute montagne, on
peut admirer une
curiosité
extraordinaire,
qualifiée d'une
des sept
merveilles du
monde, les
Pyramides d'Euseigne.
Un arrêt s'impose
pour photos,
contemplation ou
réflexion sur la
modélisation de
tant de beauté
naturelle. Puis la
route et votre
imagination vous
invitent à voir ce
qu'il y a plus
haut. Encore
quelques 10
minutes en voiture
et on pénètre
comme dans un
sanctuaire de
couleur et
d'harmonie digne
de tous les
superlatifs. On
vient donc de
passer
l'étranglement
entre l'Aile des
Flans-Mayens et le
grand ressaut de
la Garde, puis on
passe le pont dit
de " La Bousille "
pour enfin entrer
dans le pays d'Evolène.
Naturellement,
comme dans un
spectacle il faut
y pénétrer au
moment où se joue
la pièce, au
moment où est
allumé le grand
projecteur qui
dispense
généreusement les
coloris assortis
sur les pentes et
replis de terrain.
Il ne faut surtout
pas manquer les
heures de
projection des
ombres et lumières
qui créent les
reliefs,
contrastent les
couleurs et
intensifient la
perception d'un
ensemble
harmonieux qui
fait régner la
paix et la
sublimité.
Au fond de la
vallée, une géante
pyramide est là
devant vous
impassible, c'est
la majestueuse
Dent-Blanche aux
lignes douces et
régulières, celle
qui se fait
revêtir par les
beaux couchers de
soleil d'une robe
de soirée qui va
de l'incarnat au
vermeil, celle qui
exerce sa
puissante
fascination et
capte
irrésistiblement
le regard.
Le haut glacier de
Ferpècle étale ses
neiges éternelles
comme un voile de
satine blanche
entre la
Dent-Blanche et
les contreforts de
Bertol. Plus bas,
en dessous de la
Motarotta, sa
langue grisâtre se
faufile entre les
moraines des
Manzettes et du
Mont-Miné,
charriant
inlassablement
vers le fond de la
vallée le trop
plein des neiges
d'antan et les
détritus générés
par l'érosion du
massif alpin.
Ensuite la route
se glisse au
travers de
prairies
verdoyantes où
s'exhale la vie
champêtre et
conduit
inévitablement
vers le village d'Evolène,
la plus importante
agglomération de
la commune portant
le même nom, avec
ses 600 habitants
recensés en 1995.
On peut éviter le
village en
empruntant la
route de
détournement
permettant de
découvrir son
aspect externe
attrayant, ainsi
qu'admirer le
clocher de
l'église St.
Jean-Baptiste qui
émerge
souverainement
entre les bâtisses
rustiques.
Si l'on choisi de
traverser le
village par sa rue
principale à sens
unique, on peut
assouvir du besoin
de retour aux
sources qui
animent toujours
plus les
populations
actuelles. Les
balcons fleuris au
géranium, les
boutiques de
souvenirs et les
différents
commerces se
passent la main
tout au long de
l'avenue.
En poursuivant la
route, à quelques
centaines de
mètres avant les
Haudères, un autre
panorama attend
l'heureux visiteur
qui a fait le
choix de se
hasarder dans ce
fond de vallée.
C'est une fête
pour les yeux de
laisser promener
le regard sur les
rives sauvages et
pittoresques du
vallon d'Arolla,
dominées par un
Pigne d'Arolla qui
ferme la marche
avec ses neiges
éternelles.
Après avoir
traversé le coquet
village des
Haudères assis sur
sa plaine
d'alluvions, la
route principale
bifurque à la
naissance de deux
vallons
caractéristiques,
le val d'Arolla
que l'on vient
d'évoquer et à
gauche celui de
Ferpècle. Si le
hasard a fait que
vous aller à
gauche
(indépendamment de
vos convictions
morales ! ! ! )
vous vous dirigez
vers les villages
dits " Sur les
Rocs " soit Villaz,
la Sage, La
Forclaz et
Ferpècle. Très
vite vous vous
apercevrez que
vous avez fait le
bon choix car
avant le premier
contour déjà,
surgit
brusquement, à
nouveau la
Dent-Blanche sous
un tout autre
angle que celui
qu'on avait à
l'entrée d'Evolène.
Au fur et à mesure
que l'on monte,
les sapins touffus
de la forêt de "Taujà"
se faufilent et
défilent comme un
rideau de scène
qui se retire
doucement pour
dévoiler le
spectacle. De là,
elle est si belle
et si présente la
Dent-Blanche qu'on
a l'envie de s'en
approcher, de la
toucher, de la
sentir. Pour cela,
il faut monter sur
les Rocs et
précisément à la
Forclaz, pour se
sentir comme aux
premières loges
d'un spectacle qui
ne cesse de vous
émerveiller. La
ronde des sommets
dominants allant
du Sasseneire à la
Dent d'Hérens, du
massif des Dents
de Perroc aux
Alpes bernoises
forme le décor
d'un lieu que le
rythme des saisons
colorie à sa
fantaisie.
Ce décor immuable
et harmonieux, les
habitants de la
vallée l'ont vécu
et admiré depuis
la nuit des temps,
avec des
contrastes plus ou
moins prononcés
dus en particulier
au cycle des
mouvements
glaciaires. Par
contre le train de
vie des gens de la
montagne s'est
passablement
modifié en
l'espace d'une
génération et il
vaut la peine
qu'on s'y attarde
un peu pour faire
connaissance avec
une population
accueillante et
traditionnellement
hospitalière.
On y apprend par
les récits
passionnants,
souvent empreints
de nostalgie que
racontent les
guides de
montagne, les
chasseurs ou les
commerçants, que
la région d'Evolène
fut fréquentée
depuis fort
longtemps par
d'illustres
visiteurs. Ses
cimes furent
gravies et
vaincues par des
alpinistes et des
guides de grand
renom ; elle fut
chantée en
mélodies
évocatrices sous
l'accompagnement
de musiciens
célèbres,
reproduite par les
meilleurs
peintres, contée
en poésie ou en
narrations sous la
plume exhaustive
d'auteurs qui
chacun à sa façon
a porté la
réputation de la
haute vallée bien
au-delà de ses
frontières.